Dans cette fiche (6 parties)
- Quels sont les premiers symptômes de l'arthrose du genou ?
- Comment évolue l'arthrose du genou ?
- Quels sont les facteurs de risque de l'arthrose du genou ?
- Comment le diagnostic est-il posé ?
- Que faire pour soulager les douleurs et ralentir l'évolution ?
- Un point de vigilance : ne pas attendre que la douleur disparaisse d'elle-même
Vous ressentez une gêne dans le genou qui revient régulièrement, surtout après une marche un peu longue ou en descendant des escaliers. Vous vous demandez s'il s'agit d'un simple coup de fatigue ou des premiers signes de l'arthrose. Cette maladie articulaire chronique, aussi appelée gonarthrose, touche des millions de personnes et se manifeste par des symptômes bien spécifiques. Comprendre ces signaux vous permet d'agir tôt et de mieux gérer l'évolution de la maladie.
Quels sont les premiers symptômes de l'arthrose du genou ?
Le tout premier signe est une douleur mécanique : elle apparaît quand vous sollicitez l'articulation et disparaît au repos. Vous pouvez la ressentir pendant la marche, en montant ou en descendant les escaliers, ou encore au moment de vous lever d'une chaise après être resté assis longtemps. Cette douleur n'est pas continue. Le matin au réveil, vous pouvez avoir une sensation de raideur qui nécessite un court temps de dérouillage, généralement moins de quinze minutes.

Selon la partie du genou touchée, la douleur n'a pas la même localisation.
Arthrose fémoro-tibiale
La douleur est diffuse, plutôt ressentie sur les côtés ou à l'arrière du genou. Elle survient surtout lors de la marche, de la montée et de la descente des escaliers, et quand vous passez de la position assise à debout. Elle est calmée par le repos et ne vous réveille pas la nuit, sauf lors des changements de position.
Arthrose fémoro-patellaire
La douleur se situe sur le devant du genou, souvent des deux côtés en même temps. Elle est déclenchée par l'extension de la jambe. Elle est plus forte en descendant les escaliers qu'en les montant. Elle est aussi présente quand vous restez assis longtemps ou quand vous êtes agenouillé. Marcher sur un terrain plat fait peu souffrir, sauf en cas de poussée inflammatoire ou de gonflement du genou.
Comment évolue l'arthrose du genou ?
L'évolution de la gonarthrose est variable selon les personnes. Elle est souvent lente, avec des périodes d'accalmie entrecoupées de poussées congestives très douloureuses. Ces épisodes surviennent en quelques jours : la douleur devient intense, elle est présente dès le matin et peut même vous réveiller en deuxième partie de nuit. Le genou gonfle à cause d'un épanchement de liquide dans l'articulation. La raideur matinale dépasse alors quinze minutes.
Ces poussées correspondent à une irritation de la membrane synoviale, en réaction à la libération de fragments de cartilage dans l'articulation. Elles accélèrent la détérioration du cartilage.
Les signes d'une arthrose évoluée
Avec le temps, les douleurs deviennent plus fréquentes et plus gênantes. Vous pouvez ressentir :
- une sensation de blocage ou d'accrochage du genou ;
- une impression que la jambe se dérobe ;
- des craquements ou crépitements quand vous bougez le genou.
À un stade avancé, la douleur est présente dès que vous vous tenez debout. La marche devient difficile et l'aide d'une canne peut être nécessaire. Monter les escaliers, sortir de la voiture ou ramasser un objet à terre deviennent des gestes compliqués. Cette perte de mobilité et la faiblesse musculaire qui l'accompagne retentissent sur votre qualité de vie et peuvent avoir un impact psychologique important.

Quels sont les facteurs de risque de l'arthrose du genou ?
Le principal facteur de risque est l'âge : la gonarthrose touche rarement les personnes de moins de 40 ans. D'autres éléments favorisent son apparition :
| Facteur de risque | Explication |
|---|---|
| Surcharge pondérale | Le poids supplémentaire augmente la pression sur les cartilages du genou. |
| Antécédents de traumatisme | Une ancienne entorse, une fracture ou une lésion du ménisque fragilisent l'articulation. |
| Sollicitation excessive | Pratiquer intensément un sport comme le jogging, ou avoir un métier physique (carreleur, agriculteur) use prématurément le cartilage. |
| Prédisposition génétique | Des antécédents familiaux d'arthrose augmentent le risque. |
| Malformation congénitale | Certaines anomalies de la rotule ou de l'alignement du genou favorisent l'usure. |
Comment le diagnostic est-il posé ?
Si vous reconnaissez ces symptômes, consultez un médecin. Il va d'abord réaliser un examen clinique : il identifie les mouvements qui déclenchent la douleur, évalue la mobilité de votre genou et repère un éventuel gonflement. Il vérifie aussi que vos douleurs ne sont pas liées à une autre maladie, comme la polyarthrite rhumatoïde.
Le diagnostic est confirmé par des examens d'imagerie. La radiographie du genou est l'examen de référence : elle montre le pincement de l'interligne articulaire, la présence d'ostéophytes (excroissances osseuses) et l'état du cartilage. En cas de doute, une IRM peut être prescrite pour visualiser plus précisément les tissus mous.
Que faire pour soulager les douleurs et ralentir l'évolution ?
Il n'existe pas de traitement médicamenteux qui guérisse l'arthrose. Mais plusieurs mesures permettent de ralentir son évolution et de réduire la douleur.
Les traitements non médicamenteux
- Perdre du poids si vous êtes en surpoids : chaque kilo en moins soulage la pression sur vos genoux.
- Adapter votre activité physique : privilégiez la marche sur terrain plat, le vélo ou la natation. Évitez les sports qui sollicitent trop le genou (course à pied, sports de saut).
- Renforcer les muscles autour du genou : une thérapie physique (kinésithérapie) aide à stabiliser l'articulation et à améliorer la mobilité.
- Utiliser une canne si la marche devient difficile : elle réduit la charge sur le genou douloureux.
Les traitements médicamenteux
Pour soulager la douleur et l'inflammation, votre médecin peut vous prescrire :
- des antalgiques (paracétamol) ;
- des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en cure courte ;
- des injections de corticoïdes ou d'acide hyaluronique dans l'articulation, en cas de poussée douloureuse.
Quand envisager la chirurgie ?
La chirurgie est envisagée quand les autres traitements ne suffisent plus à soulager la douleur et que la gêne dans la vie quotidienne devient trop importante. L'intervention la plus courante est la pose d'une prothèse totale du genou. Elle permet de supprimer la douleur et de retrouver une mobilité satisfaisante. Le choix de l'opération se discute avec votre chirurgien orthopédiste, en fonction de votre âge, de votre état général et de l'atteinte de l'articulation.
Un point de vigilance : ne pas attendre que la douleur disparaisse d'elle-même
L'arthrose du genou évolue par poussées. Entre deux crises, vous pouvez avoir l'impression que tout va bien. Mais la maladie progresse silencieusement. Plus tôt vous mettez en place des mesures simples comme la perte de poids, le renforcement musculaire ou l'adaptation de vos activités, plus vous ralentissez la dégradation du cartilage. N'attendez pas que la douleur devienne permanente ou que la marche soit devenue un calvaire pour consulter. Un diagnostic précoce est la meilleure façon de préserver votre mobilité le plus longtemps possible.
À retenir : cette fiche informe et ne remplace pas une consultation. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien ; en cas d’urgence, composez le 15 ou le 112.
